Publication "Les relations femmes-hommes dans les filières agro-alimentaires en Afrique de l'Ouest"

Les ONG françaises et leurs partenaires ouest africains membres du consortium Tchiwara dans le cadre du programme "FSP genre et économie: soutien aux femmes actrices du développement" ont le plaisir d'annoncer la parution de la publication capitalisant les 3 années d'expériences sur le terrain.

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FSP face à Rio

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FSP GENRE , LES FEMMES ACTRICES DU DEVELOPPEMENT, PROGRAMME SOUTENU PAR LE MAEE, et ALLIANT 12 ONG FRANCAISES ET 60 ORGANISATIONS DU SUD

Quelques messages au bout de 2 ans de programme :

LES FEMMES DU SUD LUTTENT POUR UNE PROFESSIONNALISATION de leurs activités, et ne se contentent pas d'AGR (activités génératrices de revenus) ponctuelles pour gagner quelques sous grâce à du micro-crédit. Il faut lier la formation professionnelle, technique, la gestion des activités, la conquête de marchés, reconnaitre les métiers, accéder à un "travail décent", et soutenir les femmes à conserver ou élargir le contrôle de leurs activités traditionnelles modernisées (karité), ou quand elles le souhaitent, à occuper et transformer des métiers traditionnellement "masculins" (agriculture, commerce, meunerie, boucherie, exemples tirés de nos projets).

LA PRIORITE A LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE plus que la sécurité alimentaire, et donc le développement des emplois ruraux pour les femmes, notamment autour de tous les métiers agroalimentaires mais également de services. Pas de développement rural sans eau potable, moulins, énergie (de préférence économique et renouvelable), et conservation des ressources traditionnellement accessibles aux femmes.
Les droits des femmes africaines reculent quand le progrès technique se fait sur un modèle importé, car les activités créées sont chères en intrants, endettent les familles et les emplois nouveaux profitent principalement à des hommes, parfois en raison du seuil de connaissances écrites exigées, mais aussi souvent a priori, uniquement parce qu’on reproduit sans réfléchir une division du travail historique : le travail manuel pour les femmes, les machines pour les hommes. Si les stéréotypes ne sont pas travaillés, les investissements en machines et formations techniques sont ciblés uniquement sur les hommes, au nom de la « complémentarité ». Ainsi souvent en investissant en machines et outils pour transformer des activités manuelles traditionnellement féminines, on crée des emplois masculins qualifiés et non des emplois pour les femmes, dont l’univers recule et le pouvoir de décision se réduit.

Quand les femmes créent des activités économiques (pour le marché local qu’elles maitrisent), elles sont souvent peu "rentables" individuellement. Parfois parce qu’elles sont orientées vers des marchés saturés. Mais d’autres aspects peuvent être creusés.

Leur rentabilité doit être mise en lien avec d’autres critères : il faut mesurer d’une part les services environnementaux et de cohésion sociale, qu’elles apportent. Il ne s’agit donc pas uniquement de les insérer dans l’économie individuellement, ou de les endetter par des micro-crédits, il s’agit d’avancer à leur rythme pour les rendre visible, les valoriser et transformer, avec leur participation active, les sociétés auxquelles elles appartiennent.

Tout ne passe pas par l’argent, même si les femmes aspirent à des revenus monétaires. Il faut mesurer le travail et les services non monétaires et les inclure dans les comptes nationaux.

Les femmes rurales demandent des services publics, comme les plateformes multiservices, ou même des garderies d’enfants, pour développer leurs activités économiques. Et évidemment l'accès à la terre ou des programmes pour faire reculer les violences de genre.
Les femmes urbaines ne veulent plus être déguerpies, elles veulent des espaces où travailler. Il faut développer des programmes d’envergure en faveur de l’agriculture familiale, notamment basées sur l’agro-écologie, où le dialogue des savoirs entre scientifiques et paysans ou paysannes, permettrait de construire l’avenir, et où les femmes et les jeunes générations auraient plus de place.

Les sociétés rurales africaines ou latino-américaines, et en leur sein, de multiples organisations et groupements de femmes, construisent aujourd’hui, souvent grâce à des structures solidaires, des fédérations, des mutuelles d’épargne et de crédit, des banques de semences ou des bourses de céréales, des aliments et des services environnementaux, qui contribuent à lutter contre la faim et la pauvreté et en même temps à lutter contre la dégradation de l’environnement.

Mais les connaissances des ressources et des terroirs se perdent, notamment sous l’effet des migrations ou à cause de la dégradation de l’environnement. Et la transformation des conditions de production se fait souvent en défaveur des femmes, qui perdent le contrôle des ressources.

Les mécanismes de compensation d’émissions de CO2 sont trop complexes pour que des organisations de base puissent s’en emparer et renforcer leurs services environnementaux. Les aspects énergétiques prédominent sur la dimension sociale et politique.

La France devrait rattraper son retard dans l’analyse de ces questions, s’engager dans des programmes qui articulent mieux l’action avec les habitants et habitantes du sud, les liens entre acteurs, les mesures de redistributions.

PREPARE PAR ENDA EUROPE;
MARIE-DOMINIQUE DE SUREMAIN

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