La professionnalisation des activités traditionnelles

L’industrialisation d’activités traditionnelles des femmes (passer du pilon domestique au décorticage ou fabrication de couscous dans une unité de transformation par exemple) doit créer de l’emploi dans les tâches techniques, commerciales, décisionnaires.

Parfois des activités exercées de façon artisanale ou non monétaire par des femmes, (comme l’extraction du beurre de karité comme produit alimentaire et cosmétique) trouvent un marché (national ou extérieur) et commencent à devenir spéculatives et rentables. Ce changement peut induire une nouvelle division du travail entre hommes et femmes et ces dernières peuvent perdre le contrôle de filières traditionnelles, en particulier du volet plus lucratif de la commercialisation.  

Il faut lutter contre la division du travail qui tend à s’installer entre hommes et femmes dans les projets de développement, entre tâches plus qualifiées comme l’opération de machines, leur maintenance ou la commercialisation, souvent confiée aux hommes même dans les groupements féminins,  et  les tâches d’exécution (tri, lavage, cuisson) laissées aux femmes.

La formation technique et économique doit être simultanée avec la formation à l’expression, la prise de décision, le plaidoyer public et le développement personnel, afin que les femmes gardent la maitrise de leur activité au fur et à mesure de la modernisation des filières.
Leurs inévitables difficultés doivent être analysées et des stratégies de dépassement mises en place. Les femmes doivent pouvoir aspirer à accéder à tous les métiers, surtout les mieux rémunérés.

Les femmes seront donc accompagnées pour analyser leur place dans les filières, sur le marché local, national ou international, les tâches qui leur sont imparties, ce qu’elles arrivent à faire ou ce que les traditions ou les pesanteurs socio-culturelles les empêchent de faire.
Ainsi elles profiteront davantage de l’investissement réalisé pour soutenir leur activité et la professionnaliser.